De l’art de transformer une journée moyenne en une succession de moments heureux

on est repartis

La fatigue s’attrape, et plus on y pense moins elle nous lâche ; c’est pour cela que, quand je suis rentrée déposer mon ordinateur à midi à l’auberge, je n’en suis pas ressortie avant au moins 15 heures. Alors oui, j’ai dormi (pour changer) un bon 45 minutes pour recharger les batteries, mais ça n’explique pas une pause si longue. La véritable explication, c’est que, bah..

J’avais la flemme d’aller voir les monuments.

Ca n’a pas duré trop longtemps évidemment, la preuve, c’est qu’une fois ressortie, je ne suis pas rentrée avant 21h avec plusieurs kilomètres dans les pattes.

Mais enfin oui, j’avais la flemme de vivre l’expérience, la vraie, celle qui te fait passer d’un monument à l’autre en lâchant des exclamations plus enthousiastes les unes que les autres. Je me sentais pas de courir après la foule et donner des coups de coudes pour prendre 36 photos de la même statue qu’on retrouve partout. Je voulais simplement marcher, mais je me sentais coupable de ne faire que ça alors même que je suis dans une ville pareille, alors que tant de gens m’ont dit de profiter à fond.

Heureusement ça n’a pas duré longtemps, je me suis dit « fuck it c’est moi qui décide », et je suis sortie. En plus, ça m’a pas avancée à grand chose de me dire tout ça, puisque je suis allée de toute façon là où va le monde : en l’espace de quelques heures, j’ai pu voir:

  • La basilique Sainte Marie Majeure, devant laquelle j’ai mangé un toast à peu près uniquement parce qu’il s’appelait « captain america »
détail de la basilique
  • Une foultitude d’églises et basiliques en tous genres, tant que je n’ai même pas essayé de retenir les noms
  • La plus jolie rue que j’ai vue jusqu’à présent ici, qui, évidemment, était en travaux, et la photo ne lui fera jamais honneur (j’ai pas noté l’adresse, vous me connaissez ; mais j’ai une vague idée d’où la retrouver)
Au bout de cette rue, une super super super super friperie dans laquelle j’ai passé une quinzaine de minutes parce que tout me plaisait. Il y avait aussi deux clients à qui j’ai failli demander si je pouvais les photographier tant ils avaient un style particulier. Je ne l’ai pas fait, parce que j’avais une glace à la main. Et non, vous ne pourrez jamais savoir ce que ça fait de prendre une glace dans l’une des plus belles villes au monde en plein décembre, sans avoir froid pour autant. Fin des anecdotes.
  • Je suis tombée sur le Vittoriano par hasard et j’y reviendrai quand il ne fera pas nuit (à vrai dire, je reviendrai partout en journée à un moment ou à un autre pour pleinement profiter)
en attendant mon retour
  • forum romain, avec tout plein de trucs différents, dont quelques temples par-ci par-là, des colonnes, et juste en face, le Colisée. J’ai pas de photos parce que ça n’était beau que par les yeux, la nuit. On changeait d’ambiance musicale tous les 100 mètres avec les musiciens de rue. Les gens parlaient de toutes les langues, beaucoup souriaient. Les coureurs étaient en Tshirt-short, il n’y avait pas de vent, l’air était aussi bon qu’hier. Tant qu’il fait nuit qu’importe si le ciel est couvert de nuages. Imaginer que là où l’on se trouve, une infinité de gens a déjà vécu, ça change toute l’atmosphère.
  • Je suis allée jusqu’à la place Vandom voir la fontaine de Neptune avant de retourner sur mes pas dire coucou au Panthéon.

En passant, j’ai vu le Sénat, un musée, des églises, des gens. Les seuls mots de français que j’ai entendus sont « c’est très con parce que… ». J’ai toujours mal au dos à cause de mon sac, et j’envisage d’en acheter un tout pile pour le voyage. J’ai acheté des oréos double cream et j’avais un grand sourire débile en les mangeant, mais je sais pas, mon corps devait absolument manquer de sucre parce que quand j’ai écrasé le premier sur mon palais j’ai aussitôt pensé « c’est donc ça l’euphorie » avant de déglinguer le reste du paquet.

détail de la statue devant la basilique Sainte-Marie Majeure

J’ai vécu ma journée un peu comme elle venait, de moments en moments, d’anecdotes en anecdotes, de sourires en sourires. Je garde l’image du barbier avec son chapeau de Noël sur la tête, du coiffeur avec un immense poster de Spiderman sur le mur. Il y avait l’homme statue sur la place et la vendeuse de friperie qui m’a fait un clin d’oeil en guise de bonjour.

Alors que ma journée avait commencé un peu moyennement avec l’impression d’en gâcher une grande partie avec la fatigue, je me suis bien rattrapée en considérant qu’il n’y avait pas de lieux sans importance ni d’expériences sans intérêt. Je suis rentrée de bonne humeur. J’ai évité la conversation sur la city tax en parlant tout de suite de Kpop à la propriétaire, puis je l’ai croisée à nouveau en partant remplir ma bouteille d’eau et j’ai eu une super conversation avec elle et un Iranien. Selon eux j’ai l’air d’avoir 17 ans, et je suis tellement pâle que j’ai l’air plus Russe que Française. Ils ont aussi parlé de ma couleur de cheveux et les ont touchés tous les deux. Ma proprio a été extraordinaire parce que quand elle a tendu la main vers moi pour me dire quelque chose et que je l’ai prise en croyant qu’elle voulait me dire au revoir, elle a agi comme si de rien n’était, et je n’ai même pas eu l’occasion de trouver ça gênant.

Maintenant dans ma chambre, le Français s’en est allé, j’ai à nouveau refusé des pâtes (je venais d’acheter deux poires, qui m’étaient revenues à exactement 1 euro, c’est un signe du destin), j’ai galéré à brancher mon ordinateur, j’ai commencé à rédiger cet article, et comme les mots sont venus naturellement, pour une fois je n’y ai passé qu’une heure. Il y a deux nouveaux voyageurs qui dorment en face de moi.

Pour conclure sur une anecdote un peu marrante, j’ai trouvé l’office du tourisme par hasard à peine quelques minutes après sa fermeture. Même si j’ai bien compris à force que plus je dis que je ferai quelque chose moins ce sera le cas, il ne me semble pas trop insensé de penser que j’y retourne dès demain, pour, on l’espère, vivre la suite de l’aventure.

la vierge refuse de se mettre dans le bon sens, je déclare forfait pour ce soir

Bon et pour compenser tous ces beaux souvenirs, je viens de remarquer que le mec en face de moi avait deux Sneakers dans son sac et maintenant je meurs d’envie d’en avoir aussi.

Sur ce, à demain si tout se passe bien!

0 thoughts on “De l’art de transformer une journée moyenne en une succession de moments heureux”

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *