Quick update

East Side Gallerie

Je me connais, si je commence à arrêter de poster régulièrement, je n’arriverai jamais à retrouver le rythme, donc je vais vous raconter en vitesse ce que j’ai fait ces deux derniers jours. Je vais tricher, aussi, parce que, eh bien… ce week end j’ai pas pris de photos. Assez dingue, je sais, la meuf se prétend photographe et laisse de côté son appareil pendant 36 heures entières? Bah ouais, faut croire. La fatigue l’emporte parfois. En voilà donc d’anciennes, inconnues au bataillon.

Hier était samedi, hier était une bonne journée, hier je n’ai rien fait. J’ai traîné dans le Einstein Caffee près de Checkpoint Charlie pendant un long moment pour écrire mon blog et me donner l’illusion d’être productive (ça fonctionne mieux quand on reste pas dans sa chambre). Vers 14h je me suis dit qu’il était quand même temps de bouger, et j’ai commencé à me diriger vers les deux galeries d’art gratuites que je voulais visiter.

J’ai fait 20 pas puis finalement je suis rentrée dans le MacDo d’à côté.

C’est joli. C’est peut-être le Charlottenburg. No freaking idea, mais j’y étais.

C’est fou, les réalisations soudaines qu’on peut avoir à des moments inattendus. Par exemple après 12 jours ici c’est cette virée impromptue au MacDo qui m’a rappelé que j’étais là pour faire absolument ce que je veux, que changer mes plans c’était ok puisque j’étais seule, que si je préférais manger n’importe quoi plutôt que de me cultiver, le choix ne tenait qu’à moi.

Sans rire, c’est à cause d’un BigMac que j’ai vraiment pris conscience du potentiel de mon voyage et des envies que j’avais.

Ce jour là, samedi donc, mon envie s’est révélé être de ne rien faire du tout. Donc, libre comme l’air, c’est un film qui m’a attendue à l’auberge de jeunesse, La folle histoire de Max et Léon tmtc, qui m’a fait connaître la terrible souffrance de réprimer son rire quand toutes les blagues débiles te font marrer. Désolée, mec random du fond de la chambre, pour mes bruits d’étranglement.

Ça c’est quand je suis allée à un truc que j’ai pas raconté mais qui était bien sympa, un Artist’s Talk de plusieurs photographes. Il y a sans doute plein de choses à en dire mais c’est passé maintenant. Le truc marrant c’est que plus la soirée passait plus j’étais fatiguée moins je comprenais l’allemand. Mais c’était cool.

Quand même, à un moment, j’ai eu envie d’aller courir. Et devinez quoi : je suis allée courir. Woo. Quelques 12 km, je vous case ici mon parcours, même si je suis déçue que ça ne fasse pas un joli cercle.

pas de commentaire

Les anecdotes de la course incluent, en vrac : une heure et demi passent TRES VITE quand tu ne connais pas les lieux ; je n’ai jamais eu un aussi bon sens de l’orientation que ce jour-là ; j’ai vu deux lapins dans le Tiergarten ; je me suis fait engueuler par un cycliste parce que ça rigole pas, ici, avec la piste cyclable ; j’ai loupé à une demi-heure près un concert gratuit au Brandenburg Tur parce que j’avais pas pris la peine de regarder ce qu’il se passait, quand j’ai vu tout un tas de gens amassés j’ai cru que c’était pour les illuminations ; en parlant d’illuminations, elles étaient toujours là, et c’est vachement sympa de courir avec ça.

Bref bref. Le soir, un japonais de ma chambre a commencé à me parler, et grâce à lui j’ai pu échanger avec un peu tout le monde. Comprendre : lui-même, le mec que j’avais dérangé plus tôt en riant, un mec tatoué qui se balade torse poil. Plus tard un autre homme random est rentré dans la chambre avec un comportement étrange, a baragouiné quelques mots, nous fixait tous bizarrement, puis est ressorti. L’homme tatoué a eu cette phrase mémorable « I think he does cocaine lol », et j’en ai conclu que décidément on pouvait écrire un huit-clos qui se déroule dans une auberge de jeunesse.

Apparemment il y avait encore un autre gars qui est parti en boîte vendredi soir mais qui n’est pas rentré du tout. Il reste ses affaires sur son lit. On espère qu’il va bien. Je me demande quelle est son histoire, à lui.

L’automne arrive à Berlin, mais uniquement quand t’arrives à voir des arbres, c’est à dire pas dans le centre

Pour le dimanche matin, ce matin même donc, j’ai continué sur cette idée que je pouvais faire ce que je voulais absolument comme je le voulais, mais on ne va pas en parler maintenant, ce n’est pas assez clair encore. Dans l’idée, sachez simplement que ça va me manquer, Berlin. L’aprèm je me suis dit qu’il fallait pas abuser et je suis allée voir une de mes expos d’art, « What is beauty, I don’t know », qui s’est révélée, vous vous en doutez, être très moche. Bon. Direction le changement d’auberge.

Une chose qui m’a fait sourire tout à l’heure, et qui me fait encore sourire maintenant parce que sourire c’est sympa ça rend heureux, c’est de comparer la Louise qui est arrivée dans sa première auberge et la Louise de maintenant, posée dans son lit avec sa musique et son ordi. Le premier octobre, tout commençait. J’étais toute seule, j’étais perdue, il faisait nuit, je ne comprenais pas le métro, les gens de ma chambre me paraissaient terrifiants, je pensais que je ne parlerais jamais à personne de tout le mois, j’étais silencieuse et discrète au possible, bref, je découvrais la vie ailleurs.

De mon IPhone, sans retouche. unbelievable

Maintenant on en est plus du tout là. Maintenant on en est à moi qui balance ma valise dans le métro pour m’asseoir dessus puisque quitte à avoir embarqué beaucoup trop de trucs, aucun que ça serve, ce machin énorme. Dans mon premier hostel j’avais paniqué en ne pouvant pas ouvrir la porte. Maintenant, je me tape les six étages en chaussettes sans pression pour aller signaler à l’accueil que ma carte est démagnétisée. J’ai grandi. Peut-être pas de beaucoup, mais quand même. Vous vous rendez pas compte pour le truc des chaussettes dans une auberge de jeunesse. Ça vous change une personne. Ça veut dire que vous savez ce que vous voulez dans la vie. Il faut le vivre pour comprendre. Soyez pas jaloux de ma faculté de chaussettage.

Wintergarten am Literaturhaus

Je me suis fait un vrai week end de repos et je regrette pas du tout. Sur tout un mois, est-ce vraiment bien d’être toujours occupé? Ça m’a permis de savoir quels projets je voulais vraiment suivre, quel sens je voulais donner à la prochaine semaine. Allez pas croire que je suis devenue brillante durant la nuit, non, je sais juste que demain je ressors courir, je me balade, j’essaye de marcher un maximum pour me remplir les mirettes, et puis j’avise. Mardi et mercredi aussi sans doute je vais à Potsdam, et puis j’avise encore. J’exagère un peu peut-être quand je dis que je connais mes projets. Je sais certaines petites choses. Il ne me reste plus qu’à créer le chemin et voir où ça me mène.

Ce soir je me rappelle de manger et je vais voir Joker au ciné.

Et après?

J’avise.

to not care about art

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