Santa Maria, here we go again

Joli (sant’Andrea della Vallee peut-être. A vrai dire j’en ai plus aucune idée. Il y a trop de lieux que j’ai visité. On va rester sur ça : joli. Et les prochaines fois je ferai en sorte de mieux me renseigner pour progresser, promis.)

Je me connais, si je commence à procrastiner, ce blog n’aura jamais de suite, comme ça s’est produit à Berlin. Me voici donc, sur mon lit dans ma deuxième auberge, portable mis de côté et ordinateur devant les yeux, pour vous compter la suite de mes surprenantes aventures. So buckle up, on est partis pour 3 jours de vie à Rome !

*

Oui ça consiste beaucoup en ça la vie à Rome

Tout a commencé vendredi, le jour où j’ai repoussé l’écriture de mon article pour la première fois. Je me souviens (ici c’est la Louise de mercredi qui parle) que j’ai eu la flemme de sortir tôt pour passer la journée dehors, et que je ne suis sortie que vers 15 heures pour rentrer vers 21 heures. J’ai visité le quartier de Trastevere, au sud ouest de ma carte. Un pas dedans et pouf ! C’était mon préféré, pas même besoin de discuter, c’est celui que je recommanderai encore et toujours à quiconque souhaite aller à Rome, même si ce n’est pas aussi longtemps que moi.

J’y ai marché un peu, j’ai visité une église où deux prêtres s’entrainaient à chanter et rigolaient quand ils n’y arrivaient pas. Plus tard, après avoir suivi une petite procession sur deux ou trois rues et avoir pleuré sur mon sort après avoir trouvé par hasard la plus jolie boutique de cartes postales de Rome (alors que je les avais déjà toutes achetées !), j’ai trouvé une pizzeria, j’ai pris une Margherita parce que oui, bon, faut pas déconner non plus, le début de la culture c’est quand la même la gastronomie, et mes 1% de batterie et moi nous sommes installées en terrasse pendant une bonne heure de ma soirée. On y était bien.

this is the way

Ça, c’est un truc qu’on ne remarque que quand on voyage seul, voire, quand on est comme moi, quand on voyage d’un jour sur deux à des rythmes très différents : ou bien rapide et j’enchaîne les monuments, ou bien lent, et je me pose autant que possible. Ce jour là, l’ambiance était au repos. Je ne regrette pas. C’est d’ailleurs pour ça que j’aime partir longtemps ; on se sent moins coupable à l’idée de profiter de ses vacances comme on veut. Parce que oui, autrement, on/je me sens coupable. Quel délire quand même. Enfin bref, rester seul, ça te permet de plonger dans tes propres pensées, mais ça mérite une plus ample discussion à part. D’être allée à cette pizzeria, ça m’a permis de rencontrer le serveur belge qui a plaqué son boulot pour déménager à Rome après avoir voyagé tout seul jusqu’à New York. Étonnement, on s’est plutôt bien entendus. Il aime rencontrer des gens, je lui ai conseillé les auberges de jeunesse.

J’espère qu’il ne tombera jamais sur une auberge comme était ma toute première à Berlin. Remarque, après, tout parait confortable.

Ça je sais sûre que c’est Sant’Andrea della Vallee

Bref bref je vais pas tout raconter non plus. Les événements les plus simples sont ceux qui me donnent le plus envie de parler, mais je peux quand même vous dire en quelques phrases que ma vie n’a pas de sens et que je l’aime mieux comme ça. Après avoir fini ma pizza j’hésitais entre rentrer ou marcher (problème d’année de césure, toi même tu sais – ah bah non, tu sais pas), je me suis décidée à faire un petit détour eeeet… en voulant visiter une basilique je suis tout simplement tombée sur un concert gratuit, dans un lieu magnifique, où j’ai pu passer ma soirée et profiter d’un moment extraordinaire? Ouaip, j’ai vécu ça. C’était à Sant’Andrea della Vallee. Si un jour vous allez à Rome, allez-y, vous me remercierez plus tard. Elle a aussitôt valu un « ! » sur ma carte.

(Carte que j’ai « volée » à un voyageur qui l’avait oubliée en partant voyager pour la journée, puisque je savais qu’il ne dormirait pas là à nouveau le soir… c’était le lendemain même de la perte de la première. Il l’a oublié sur le côté du canapé le plus proche de mon lit, presque sur mes affaires. Le destin, parfois…)

cc

Après ça, bon. La vie suit son cours. C’est fou comme c’est difficile de raconter les faits qui sont les plus importants. Par exemple, j’ai davantage envie de vous parler de mon café préféré de tout Rome, et de ma boulangerie préférée aussi, que du fait que j’ai rencontré le Pape deux fois en une journée.

Allez si quand même je vous parle de mes deux lieux-à-bouffe préférés. D’abord, la boulangerie, Via de Statuto, est vraiment peu cher, et est excellente. Mais vraiment. Je compte y retourner avant de partir, je ne peux pas faire autrement. Et pour le café… Il s’appelle le Café Red, c’est un café librairie, et je sais que si j’habitais à Rome, j’y passerais tous mes aprèms après les cours. Il y avait des locaux, et assez peu de touristes, et j’étais contente d’avoir pu trouver une telle atmosphère complètement par hasard en voulant rentrer. Ça remonte un peu, mais je dois l’avoir découvert avant le concert dont je viens de parler. Ils ont des prises électriques !!! Et fun fact, j’y prends toujours un truc appelé « chocolat blanc », et quand j’en ai commandé un pour la première fois, le serveur m’a corrigée sur mon accent (« chocolaTTE blanKE »). C’était marrant.

marvellous lights in Trastevere

Les heures s’enchaînent, la vie suit son cours. Quoi raconter ensuite…

Ouais bon, j’ai vu le Pape deux fois quoi. Ça mérite que je raconte? Bon allez. Le fait de l’avoir vu deux fois en une journée à quelques heures d’écart c’est déjà une super anecdote en soi. L’ambiance la première fois, sur la place Saint-Pierre du Vatican, était bizarre. Quand ils ont ouvert la première ligne de grille de barrage au moment du début de l’allocution (?), tout le monde s’est mis à courir, et laissez-moi vous dire que quand tu vois ça t’as pas envie de te trouver sur leur chemin. Heureusement à ce moment là j’étais en train de galérer au niveau des détecteurs de métaux donc j’ai pu éviter la marche funèbre (sur moi, la marche).

Plus tard, c’est à la basilique Sainte-Marie Majeure, près de laquelle j’habitais alors, que je l’ai aperçu à nouveau. Cette fois, moins de monde. Il y avait des Soeurs toutes excitées qui attendaient de le filmer avec leurs portables. Il y avait des gens debout sur les chaises. Le Pape est passé devant l’autel pour faire coucou à La Vierge (pardon, je manque de respect alors que lui même lui en témoignait), puis autour de nous et j’ai pu l’avoir et le voir près de moi pendant quelques secondes avant qu’il ne disparaisse à nouveau. Il avait l’air gentil. Toute simplement gentil. Je n’ai pas la vidéo sous les yeux, mais je crois qu’il avait un sourire comme s’il s’apprêtait à rigoler. Je fabule sans doute. A l’heure où j’écris, je me projette dans le futur, et je me demande ce que ça donnera si je parle de mon blog dans un CV. Bonjour, Monsieur, Madame, qui vous renseignez sur mon compte. Je suis en réalité respectueuse, simplement, je préfère communiquer par une certaine forme d’humour cynique. Je suis motivée, compétente, sérieuse et déterminée. Je suis investie et perfectionniste quel que soit mon but. Je me sais capable de relever les défis que ce poste pourrait représenter pour mener à bien mes projets. Mon rôle au sein de la Maison Des Lycéens m’a permis de….. –

Bref.

inception

Après le Pape, on change d’auberge, on change d’ambiance. Vous ai-je parlé, pour la première, de la salle de bain dans laquelle tu ne peux pas marcher en chaussettes sous peine d’avoir les pieds trempés, de la table à manger dans le couloir, du bruit constant, de la chambre-salle d’attente, des propriétaires qui s’en fichaient, de la bataille que c’était pour obtenir des céréales le matin?

Ici, rien de cela. Ici, c’est le paradis. Ici, mes amis (et les autres, coucou Maman) (à nouveau, pensée pour un éventuel recruteur. J’ai le sens des valeurs familiales et le courage de prendre des décisions difficiles-), les chambres sont grandes, lumineuses, il y a une salle de bain contiguë, il y a des prises qui marchent, il y a. Des. Patisseries. Tous. Les. Matins. Des croissants avec du miel ou de la crême dedans (bizarres les Italiens mais pourquoi pas), du sucre et du gras à ne plus savoir qu’en faire. Je suis subjugée. C’est un petit bout de paradis sur terre. Puis-je seulement y croire? Et pourtant, ça fait trois matins de suite.

lors de mes pérégrinations

Fun fact sur l’endroit, un jour, hier, je suis partie le matin, laissant mes affaires enfermées dans un placard (encore un avantage sur l’autre auberge). J’ai laissé mon lit simple défait comme je savais qu’ils faisaient le ménage entre 11h et 13h. Quand je suis revenue… J’avais un lit superposé.

« QUOI? »

Ça, au dessus, c’est la réaction sincère de mon petit cerveau qui n’avait rien demandé. Je suis revenue sur mes pas jusqu’à l’entrée, j’ai poussé la porte de la chambre à nouveau, mais non, c’était bien là, et il y avait même mon cadenas.

Autant vous dire que c’était loufoque, et que j’ai adoré. (Aujourd’hui, un deuxième lit superposé est apparu. Je ne pose plus de question). L’avantage de ce nouveau lit c’est que je peux mettre mes affaires pour cacher la lumière et m’isoler du monde, soit, pour traduire : faire une cabane avec mon écharpe.

ce sont des milliers d’oiseaux

En parlant d’écharpe je suis tombée amoureuse d’une d’entre elles, croisée sur un marché alors que j’étais littéralement en train de me dire que je n’allais rien acheter ce jour-là, et deux minutes après (disons plutôt quatre) elle était déjà devenue une partie de moi-même. Maintenant opération ne-pas-la-perdre.

Que dire d’autre… A ce niveau là de l’article, on en serait plutôt à une compilation de Fézenvracs qu’autre chose. Bon bon bon. Parce que j’ai fait des trucs bien sûr, mais pas particulièrement des trucs qui valent des paragraphes. Alors donc, dans le désordre:

  • J’ai complété ma carte!! Il y a des croix partout sur tous les lieux et monuments importants. Je suis contente. Techniquement c’est ma carte 3.0, la deuxième étant morte déchirée entre mes mains brutales. Je reviendrai peut-être même avec une carte 4.0 à force de marcher.
  • D’ailleurs, j’adore marcher, donc lundi 20 kilomètres, mardi 16. Aujourd’hui, pas envie de faire grand chose, donc une dizaine. J’ai posté mes lettres et acheté mon billet de train pour dimanche.
  • A un moment il faisait tellement beau et chaud que je me suis endormie 20 minutes dans un parc au soleil. J’étais bien.
  • J’ai vu des endroits célèbres sans faire exprès et trouvé des parcs magnifiques où passer un moment
  • En allant à Trastervere à la recherche d’un monument je suis tombée sur les plus beaux points de vue de Rome (décidement, ce quartier… il me manque déjà)
  • J’aiiiiiiii… heu… attendez je cherche
  • C’est évident qu’il y a plein de petits moments marquants, mais ils sont peut-être mieux pour moi
  • on peut acheter de la bière au MacDo
  • J’ai pu manger une glace en plein décembre!!!!
Circus Maximus (et des zoiseaux encore)

Ah si ça c’est important, ça mérite un point à part. Je ne prends pas de photos, ou vraiment très peu. Rome est une ville à touristes, je dois dire… Sur ce point, je préfère de loin Berlin. C’est peut-être moi qui ne me mets pas dans les bonnes conditions en disant ça, mais voilà, je photographie moins, je pense plus. Ça m’a fait ça aussi sur la fin de Berlin, pour le moment je ne regrette pas. Il y a juste le poids de l’appareil photo sur le dos (et de ma culpabilité terrible… oui non Monsieur, Madame les recruteurs, en réalité, je sais résoudre les problèmes et adapter mon comportement à la situation-)

Evidemment, pour une fois que je rajoute les photos après avoir écrit, je remarque que celles de mon article sont parmi mes préférées et que j’ai retrouvé un peu de l’inspi qui m’avait quittée à force de passer la journée coude à coude avec des touristes. Aujourd’hui j’ai quand même rien photographié, mais finalement, ça va. Celles-là valent bien la galère des autres jours.

et puis j’avoue que quand je vois des choses pareilles, flemme ou pas, c’est instinctif, mon appareil me passe dans les mains, c’est physiologique

Sur ce, camarades. J’ai procrastiné terriblement cet article mais finalement ce n’était pas si terrible que ça. C’est sans doute aussi parce que j’ai eu le temps de réfléchir à ce que je voulais dire. Ça a du bon d’être dans sa tête. Voyager seul, voyagez seuls. Ça a vraiment, vraiment du bon.

(et c’est grâce à ça que le vendeur de pizza du début est passé de banquier malheureux à serveur bienheureux, sincèrement, je pense qu’il n’y a pas meilleur exemple.)

La bise !!

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