Tous les chemins ne mènent pas à Rome

En voyage, le temps importe peu. Cette phrase, hautement spirituelle, a pour but de vous faire oublier que trois semaines se sont écoulées depuis mon retour. Je me doute bien que toi, lecteur assidu, a remarqué l’absence de conclusion avec horreur et dégoût, voire un léger soupçon de pitié, mais rassure-toi nous y voilà : mes journées des 13 et 14 décembre 2019 en quelques mots!

Si je précise 2019, c’est pour mes propres repères chronologiques, et si je précise décembre, c’est pour toi, lecteur, qui pourrait être surpris de l’ensoleillement de me photos du samedi. Eh oui, que veux-tu, 16 degrés en hiver, ça prête à la confusion pour nous autres Français.

L’une de mes deux journées ne devrait pas prendre trop longtemps à résumer. En ce vendredi 13 décembre, il a plu, fort. Il a plu assez pour rattraper les deux semaines brillantes qui venaient de s’écouler. Il a plu une pluie telle que le ciel était noir et les bruits assourdis. Pas grand monde dans les rues. Dans ma chambre d’auberge, pourtant et si je me rappelle bien, plus personne dès 8h du matin. Etais-je seulement réveillée à 8h, pas sur, mais ça, vous ne pourrez jamais le vérifier.

Petit dej avalé, énième conversation gênante avec le proprio (qui essayait de me parler anglais et qui n’y arrivait pas, mais qui insistait quand même), réfugiée dans ma chambre, j’ai cherché la bibliothèque la plus proche et j’ai décidé de m’y cacher pour la journée.

Comme j’ai des goûts de luxe il se trouve que la bibliothèque la plus proche était la bibliothèque nationale et que j’ai du me taper les 20 minutes de galères administratives rien que pour faire entrer mon propre bouquin à l’intérieur. Au moins, maintenant, j’ai la carte membre et valable à vie.

Comme ça n’est pas franchement passionnant, ce que j’y ai fait, on va lancer un petit Fézenvracs :

  • Je suis restée assise 7h sur une chaise sans me lever, sans parler, sans boire ni manger, mais ça changeait pas beaucoup des concours blancs donc ça m’a pas dérangé
  • Juste en face de moi, une espèce de baie vitrée que la pluie battait, si fort que j’entendais le bruit même de derrière mes écouteurs et à 20 mètres de là
  • Il n’y a pas d’âge pour squatter la bibliothèque nationale, même une seule journée
  • J’en ai profité pour pimper ce même blog sur lequel vous vous trouvez
  • J’ai bossé et fait plein de trucs mais c’est pas marrant à raconter

A 19h tout fermait. Je crois que par acquis de conscience je suis allée marcher vers la station Termini en reconnaissance du chemin que je devrais prendre 2 jours plus tard. On n’est jamais trop préparés. Bref bref, j’ai acheté à manger, je me suis perdue évidemment, et puis j’ai passé la soirée tranquille à l’auberge.

Quand on rentre assez tôt on arrive généralement à éviter les gens pour quelques heures.

Mon samedi, maintenant.

J’ai marché 21 kilomètres par grand soleil. Ce jour là m’a marqué parce qu’il avait un petit côté semblable à mes trajets berlinois. La carte vite fait à portée, une direction générale à suivre, mais c’est la vue qui nous dirige, qui fait emprunter une rue plutôt qu’une autre, en fonction du soleil et des gens et de la musique et de l’envie, tout simplement, d’aller se perdre, mais pas trop loin. Comme ça, j’ai longé, je crois et à nouveau, les rives du Tibre pendant quelques mêtres, j’ai traversé le pont qui mène au Castle sant’Angello, j’ai revu le parc Cabourg, j’ai laissé le Vatican derrière moi pour aller explorer le Nord Ouest de la carte qui m’avait l’air joli. Aujourd’hui j’en garde le souvenir du quartier soleil.

Vous vous en doutez je me suis bien, bien, bien perdue, pour changer, mais ça valait le coup.

Enfin non avant de me perdre j’ai quand même fait mon dernier restau de Rome, avec pizza et tiramisu s’il vous plaît, tout de même.

Après je me suis perdue.

Maintenant, si ça peut vous rassurer, j’ai compris quelques petits trucs qui font que mes sens de l’attention et de l’orientation sont défectueux au possible. Par exemple, sachez qu’une rue qui commence droite ne l’est pas forcément jusqu’au bout. Oups.

Que dire sans tomber dans un article qui fasse trop littéraire qui se gargarise de ses connaissances… j’ai marché beaucoup, comme vous vous en doutez. Mais après quand à vous expliquer ce que j’ai vu en marchant… Berlin all over again.

C’est à cet instant précis de l’article que je réalise que mes photos de la journée ne sont ni sur mon disque dur externe, si sur ma carte SD numéro 1, ni sur ma carte SD numéro 2.

Ahem.

Bon bah, tant pis pour le littéraire qui se gargarise, on va se simplifier la vie avec quelques Fézenvracs :

  • Par pur fierté, j’ai refusé de regarder mon gps avant d’avoir marché 45 minutes parce que je voulais me persuader que j’approchais du Tibre et de mon but
  • Non, je n’en approchais pas du tout, je marchais plein Nord, je le longeais assez littéralement, je me dirigeais vers le parc naturel qui borde la ville
  • Au moins comme ça j’ai découvert l’endroit où je voudrais courir si j’habitais Rome
  • Le coin qui menait au parc naturel était un quartier d’habitation avec des immeubles de toutes les couleurs, un soleil magnifique, une douceur de l’air qui donnait envie de s’asseoir et de profiter
  • Je me suis tellement bien perdue que j’ai croisé des moutons
  • Il y avait des chiens partout
  • J’ai trouvé un énième point de vue sur Rome, celui-ci vraiment vraiment bien
  • Il me semble qu’en rentrant je suis repassée dire au revoir à mon Café préféré
  • J’ai ensuite repris mon chemin habituel pour rejoindre la maison, emprunté tant de fois que je le connais par cœur

Et… voilà. Sans photos, bon. Ca va paraître bizarre pour un blog photo mais comme j’en garde, moi, les souvenirs très colorés, ça me dérange pas trop. Je vis ma meilleure vie comme disent les jeunes.

Ainsi s’achève le récit d’un voyage de deux semaines. Les anecdotes bizarres, marrantes et surprenantes n’ont pas manqué, et rien que pour ça je sais que je garderai un super souvenir de ce voyage.

Rome ne m’a pas marquée comme Berlin a pu le faire. En tout cas, je n’y ai pas pensé les même choses que durant mon voyage chez nos voisins de l’Est. Ce serait un peu difficile à décrire puisque, justement, je ne décris pas absolument tout ce que j’ai pensé. C’était moins artistique, ça c’est certain. Moins exaltant, mais ça dépend de l’état d’esprit. Bourré de trucs à voir, ça c’était génial. J’y retournerais bien, mais pas toute seule, et pas avant un moment. Je me suis gavée de Rome en deux semaines, je voudrais faire une pause.

Au moins ça m’a fait réfléchir sérieusement sur l’intérêt de voyager seul(e) ne serait-ce qu’une fois dans sa vie, et je peux en faire l’apologie à quiconque veut bien m’entendre. S’entendre réfléchir, avoir des idées et pensée, ça paraît tordu dit comme ça, mais ça n’arrive pas si souvent que ça.

J’en parlerais sans doute beaucoup mieux de vive voix.

Prochaines étapes si tout se passe bien, Lisbonne, Lausanne, Cuba, New York, Montréal, Toulouse, Tours, et puis au hasard hein, c’est plus marrant comme ça.

1 thought on “Tous les chemins ne mènent pas à Rome”

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