Viele kleine Leute

Quand j’essaye de parler allemand aux gens dans la rue, par exemple quand je cherche mon chemin parce que mon portable vient de passer de 50 à 8% de batterie devant mes grands yeux ébahis parce qu’il fait trop froid pour lui, on me répond en anglais. Pire, il a suffi à un moment que je baragouine quelques mots de cette langue barbare pour qu’on me catégorise aussitôt française. C’est peut-être parce que j’achetais à manger et que j’ai dit « crêpe » avec l’accent.

Toujours est-il qu’il y a du progrès à faire.

Aujourd’hui, jour de fête nationale de la réunification de l’Allemagne, j’ai abandonné Catarina pour aller voir ce qu’on trouvait de beau près du Reichstag. La réponse, c’est une manif de quelques 30 personnes qui promouvait la paix dans le monde, mais l’animateur semblait sur le point de pleurer et autour de moi les passants riaient, donc après quelques minutes je suis repartie faire mon bonhomme de chemin. J’étais à la recherche de trucs de jeunes, de fêtards, de vie quoi. De ce fait, j’ai suivi la musique qui me fuyait au détour des rues, et je me suis retrouvée sur la place de la République entourée de tant et tant de gens. Un petit festival, des odeurs de bouffe, de bière et d’alcool, quel autre choix que d’y passer une heure?

Le chanteur le plus mis en avant, le tout premier qu’on entend, voit, trouve des yeux, était aussi celui qui chantait le plus faux. Oups.

A un moment j’ai été vraiment bizarre parce que j’ai repéré le photographe officiel du festival et je l’ai suivi du plus près possible pour voir comment il se débrouillait pour immortaliser la scène. Il cadrait pas très bien. Vu le nez bien rouge du chanteur c’était pourtant intéressant de l’avoir en plein milieu. Après ça comme j’étais vraiment trop proche de lui pour ne pas avoir l’air d’une pickpocket, je suis repartie.

Quelque vingt minutes (passées à chercher une station de métro, comme d’habitude) plus tard, métro et métro encore. J’ai passé tout mon trajet à regarder une fille mourir d’envie d’embrasser le mec avec qui elle était mais ne pas oser se lancer, puis je suis descendue. Je regrette de ne pas lui avoir dit un petit quelque chose en allemand puisque le mec parlait anglais. Au pire elle m’aurait mal regardé. Au mieux elle n’aurait tout simplement pas compris mon allemand pourri. J’espère qu’elle a fini par se jeter sur lui parce que même pour moi ça commençait devenir frustrant.

Ah, l’amour.

J’ai fini par me décider à faire un vrai truc de touriste et j’ai repéré la première activité gratuite disponible en ce jour de liesse : East Side Gallery it is.

The more famous the artwork, the more tourists

Après ça, balade. Il y a un moment dans la journée où on n’a envie que de marcher et de voir où ça nous mènera. Mon problème, c’est que j’ai aucun sens de l’orientation, si bien que je ne sais jamais dans quel coin de Berlin je me promène. Tout à l’heure zum Beispiel je me suis retrouvée dans un endroit que je ne voudrais pas franchement traverser le soir, à grands coups de tags sur les murs et d’échanges de joints devant les bars. C’est marrant comme la photo peut mener loin.

Bon là comme ça ma journée doit pas vous paraître bien passionnante mais c’est parce que le point fort de ma journée, bah je l’ai pas photographié parce que j’étais en train de profiter. Pas que j’aie pas profité du reste, au contraire, mais là j’ai vécu ce que j’avais envie de découvrir à Berlin : l a s o c i a b i l i t é

Plus ou moins, en fait. Avec Catarina on a mangé dans une pizzeria dont la salle n’était pas éclairée, dans une ambiance particulière parce qu’il n’y avait personne d’autre que nous deux, rouge, avec la lumière de la rue qui nous parvenait diffuse et dispersée. Ouais, je décris la lumière comme diffuse. Je viens de khâgne non mais.

On a passé quelques temps à arpenter les rues, elle à la recherche d’une bière, moi à la recherche de vie.

J’ai cherché à décrire plus loin que ça mais je ne sais pas, il n’y a pas vraiment de mots à mettre sur l’expérience. Je modifierai peut-être cet article plus tard, mais voilà on a trouvé un bar avec plein de jeunes allemands de 20 ans qui fumaient et buvaient (la bière est autorisée à 16 ans en Allemagne!), on a fini par leur parler, en anglais évidemment parce que bon c’est pas à 22h qu’on maîtrise au mieux son vocabulaire, et zou, on était en train de passer une bonne soirée.

C’est sympa, la vie, parfois.

0 thoughts on “Viele kleine Leute”

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *